mardi 24 mars 2009

Côté mômes, pas si gratuit...

"Sur 10 enseignants, quand vous avez retranché ceux qui font ce métier pour être chez eux à 17 heures, ceux qui ont fini par ne plus pouvoir sentir les gosses, ceux qui ne les ont jamais aimés, ceux qui travaillent avec les mêmes fiches de préparation depuis 15 ans, ceux qui se sont arrêtés là parce qu'ils n'ont pas pu ou pas su épanouir sur le terrain de la recherche leur passion des maths, de la physique ou de l'histoire, ceux qui passent le tiers de leur temps à faire de leur classe un labo de citoyenneté pour futurs syndicalistes, combien en reste-il pour faire de leur classe creuset d'enthousiasme et d'appétit de connaître ?" Non cet édito tout en nuances n'est pas extrait de "Valeurs actuels" ou de "Minute" mais de "Côté mômes". C'est un nouveau gratuit qui se présente comme"le partenaire des parents" et qui est distribué dans des enseignes, comme "La grande Récrée" ou "Du Pareil au Même" !

Cherchant sans doute dans le scandale une popularité hasardeuse, Laurent Rochut, éditorialiste, évoque également "la connivence" entre syndicats et associations de parents et conclut en estimant que "l'éducation nationale n'a pas de troupes à la hauteur de la bataille à mener". En a-t-elle assez pour expliquer aux enseignes et aux marques qui font vivre ce magazine que le message "enseignant feignant" (c'est le titre suggéré de l'éditorial) peut avoir un coût ? Soutiendront-elles longtemps un magazine qui, pour s'adresser aux mères de famille, tient un discours extrémiste et haineux ? C'est à vomir !

Je suggère que nous manifestions notre désapprobation auprès des enseignes qui ont le culot de distribuer ce torchon. Certaines enseignes l'ont déjà retiré, cédant ainsi à la pression de leur clientèle.

8 commentaires:

mozartissimo a dit…

J'ai écrit à DPAM...cette enseigne s'est platement excusée, mais le mal est fait !

Anonyme a dit…

C'est quand même grave qu'on ose dire ce genre d'abérration sans savoir ce qu'est le métier!!! Tout le monde voit certains aspects qui peuvent paraitre être des avantages, mais pas les autres qui font également partis de la profession... C'est d'autant plus grave de distribuer cela dans des enseignes comme celles citées!

Anonyme a dit…

Pourquoi le ministère de l'éducation est-il dans le déni ? Pourquoi n'y aurait-il pas une part de vérité dans les propos, tenus par Laurent Rochut, qui par ailleurs parle en connaissance de cause ayant été lui-même dans le corps enseignant pendant 10 ans. Qui peut se prévaloir d'un système parfait avec des enseignants parfaits ? Certains s'impliquent d'autres pas, et c'est une réalité ! Le métier d'enseignant n'est pas à la porté de tout le monde, et se sont nos enfants qui en pâtissent. Il est temps que l'enfant soit mis au centre du système éducatif !

Vincent Jarousseau a dit…

Avoir été dans le corps enseignant ne consitue pas nécessairement un gage d'objectivité pour parler de l'école. Personne ne se prévaut d'un système parfait, et je dirai encore moins la majorité des enseignants qui bien souvent posent un regard critique sur le système éducatif.
Ce n'est pas en insultant ceux qui font et continueront de faire l'école que le système éducatif s'éméliorera. M. Rochut est dans la polémique, c'est tout.

Anonyme a dit…

C'est tout ?!!!
Donner son point de vue c'est être insultant ?
Bel exemple d'ouverture d'esprit...
Vous confirmez les propos de M. Rochut : "il ne faut surtout pas toucher à la première armée de fonctionnaires de France".

Vincent Jarousseau a dit…

Il ne s'agit pas d'un point de vue. Chacun peut avoir ses opinions, le problème n'est pas là. Je confirme que l'édito de Monsieur Rochut est tout simplement insultant et surtout qu'il a le désavantage de ne pas faire avancer le débat.
Pire, en étant publié dans un gratuit distribuer dans des enseignes pour enfants, on trompe les lecteurs. Jamais, je n'aurais réagi de cette manière si l'article avait été publié dans un journal d'opinion comme "Minute" ou "Valeurs actuels".

Anonyme a dit…

Je suis institutrice depuis 33 ans, plutôt usée, mais c'est parce que ce métier est si particulier qu'on tient le coup. C'est aussi ce genre de ''saloperies''gratuites qui donnent de la pêche pour continuer.
Dans les nombreuses écoles où j'ai été en poste, je n'ai rencontré que très peu de collègues décrits par ce pseudo-journaliste. La plupart comme moi font de très nombreuses heures supplémentaires. A l'age que j'ai et avec mon expérience , je reste encore dans maclasse deux soirées par semaine jusqu'à 19h45; Je prépare les sorties en me rendant sur le lieu et en contactant les intervenants le mercredi, je ne me sers quasiment jamais de ce que j'ai préparé les années précédentes ( un tort d'ailleurs car je gagnerais beaucoup de temps).
Et pour finir une preuve que malgré les accusations , les parents des futurs élèves n'attendent qu'une chose c'est que leur enfant soit dans notre classe, malgré les journées de grève que nous faisons, eux ont compris pour quoi nous nous battons ;Car, c'est bien une lutte puisque nous y perdons nos journées de salaire contrairement à ce qui est répandu .

Raymond, 55ans, militant PS et instituteur à la retraite a dit…

Un instituteur, un enseignant est-il un citoyen ordinaire ? Un travailleur ordinaire ? Peut-on se permettre d’évaluer son travail comme on le fait de n’importe qu’elle salarié en France ?

Monsieur Jarousseau vous avez entièrement raison on ne doit jamais ce permettre de remettre en question notre corps enseignant qui comme chacun le sait puisqu’on le répète depuis quarante ans est le meilleur du monde, le plus efficace. C’est une vérité absolue et comme vous je fustige ce monsieur, qui pétant qui plus est avoir été un de nos collègues durant dix ans, d’oser contester le dogme inébranlable de notre toute puissante corporation.

Les enseignants sont le socle de notre société, il faut leur donner plus de moyen, encore et toujours, et ne jamais se permettre de les contredire ni même de porter un jugement sur leur travail.

C’est un crime impardonnable et je suis d’accord avec vous pour exiger de graves sanctions contre ceux qui se permettent cela et ceux qui les laissent faire.